Frelons, Guêpes, Morbihan ( Vannes, Lorient, Pontivy …)

Comment lutter contre le frelon asiatique ?

Cet article tentera d’être le plus utile possible aux particuliers qui souhaitent s’informer sur le frelon asiatique. Nous verrons en premier lieu « qui est le frelon asiatique ? », comment donc le reconnaitre, quel est son cycle de vie. Nous pourrons donc ensuite présenter les différents types de lutte et les discuter. En effet, certaines, comme le piégeage porte à discussion. Nous conclurons en exposant la situation actuelle, les enjeux et les dernières recherches au sujet du frelon.

Physiologie du frelon asiatique

Le nom de frelon asiatique est le nom grand public. Le véritable nom de ce frelon est le « Vespa Velutina Nigrithorax ». Il est communément admis que son arrivée en France daterait de 2004. L’importation de poteries chinoises à l’intérieur desquelles aurait été découvert un nid de frelons asiatiques en serait l’origine.

Morphologie

Contrairement aux idées reçues, le frelon asiatique est plus petit que son homologue européen. En effet, chez les frelons asiatiques, l’ouvrière atteint couramment 3cm contre 3,5cm chez le frelon européen. C’est la reine qui mesure, en moyenne, 3,5cm chez les « Vespa Velutina ». D’un point de vue morphologique, les frelons asiatiques sont plus plutôt sombre presque noirs, excepté leurs pattes qui sont jaunes ainsi qu’un anneau jaune autour de l’abdomen. Une belle photo vaut mieux que de longs discours.

Frelons Européens et frelons asiatiques

Frelon européen à gauche, Asiatique à droite (Source : IRBI, Université de Tours)

La différence avec le frelon européen saute aux yeux. Il faudra donc davantage se méfier d’une confusion avec la scolie (voir ci-dessous) de nos jardins.

Megascolia Maculata

Megascolia Maculata (Source : Wikipédia)

A noter que cette scolie qui peut atteindre 4cm est presque inoffensive tant l’utilisation de son dard est orienté vers le travail plus que vers un système de défense. De plus, la scolie ne fonde pas de colonie. C’est le plus gros des hyménoptères européens et à ce titre, c’est sa taille qui vous fera lever le doute quant à la confusion possible avec le frelon asiatique.

Régime alimentaire

Là encore, contrairement aux idées reçues, le frelon asiatique n’est pas carnivore. En effet, il se nourrit de fruits et de nectar. C’est la raison pour laquelle nous vous invitons à la vigilance lorsque vous vous perdez dans les pommiers ou dans tout autre verger. A titre d’illustration, un nid de frelon dans un pommier traité par Abat-guepes en 2016. La taille des pommes vous laisse imaginer la taille du nid.

Nid secondaire de frelons asiatiques

Nid secondaire de frelons asiatiques

En fait, ce sont les larves qui se nourrissent exclusivement de protéïnes. Ceci est la raison pour laquelle les frelons attaquent les ruchers. L’objectif des frelons est de pouvoir nourrir les larves qui sont de plus en plus nombreuses au sein de leur nid, au fur et à mesure que nous avançons dans l’année. Ainsi, une trentaine de frelons suffisent pour décimer une ruche en quelques heures. Les frelons coupent la tête des abeilles, conservent le thorax riches en éléments nutritifs puis en font une « boulette » qui va servir de nourriture aux larves. Il est temps désormais de bien comprendre le cycle de vie de ces colonies sur une année.

Cycle de vie

Simple à retenir, la durée de vie d’une reine fondatrice est de 1 an.

De mars à juillet-aout

Du mois de mars au mois de juillet-aout en fonction des régions, la reine fabrique un nid primaire. A l’origine, elles est seule. Au bout de quelques jours, le nid dit « primaire » contient quelques alvéoles dans lesquelles va pondre la reine. Les premières ouvrières vont permettre à la colonie de monter en puissance. Néanmoins, ce nid dit « primaire » ne dépassera pas la taille d’un ballon de Hand-ball.

 

 

Cycle de vie du frelon asiatique

Cycle de vie du frelon asiatique (Source : Muséum d’histoire Naturelle de Paris)

A partir des mois de juillet-août, des frelons sexués mâles et femelles apparaissent au sein de la colonie. Ceci va permettre l’engeance des futures reines pendant les mois de septembre et octobre.

De septembre à novembre

Durant les  mois d’été, les ouvrières du nid peuvent se mettre à construire un nid secondaire. Celui-ci, généralement à la cime des arbres peut atteindre une taille de près d’un mètre de hauteur pour un diamètre de l’ordre de 80 cm. D’après les dernières publications de l’isyeb (un laboratoire CNRS du Muséum d’histoire naturelle), un nid primaire présente une probabilité d’environ 75% de devenir un nid secondaire. Cet élément nous paraît important à signaler de par le fait qu’il doit fortement inciter les particuliers à la destruction des nids primaires de frelons asiatiques. Nous pouvons ajouter également un élément important. En effet, de par l’absence de prédateur naturel du frelon asiatique dans nos régions, les nids secondaires aurait tendance à voir statistiquement leur hauteur diminuée. Il n’existe pas encore, à notre connaissance , de statistiques publiés de ce phénomène de diminution de la hauteur moyenne des nids qui demeurent actuellement à l’étude par les entomologistes mais qui fut évoqué lors de notre dernière réunion avec le FDGDON 56 avec qui, nous travaillons en étroite collaboration. toujours selon l’isyeb, une seule reine permet donc la création d’une colonie de 13 000 individus sur l’année et près de 500 reines !

De décembre à février

Début décembre, toutes les reines quittent le nid à la recherche d’un endroit pour hiberner. Seules les reines sont capables de résister à des températures négatives. Le nid demeure donc empli d’ouvrières, mais sans reproducteur, cette colonie est condamnée à l’extinction. Il est donc inutile de détruire un nid de frelon asiatique durant la période hivernale.

De ce cycle de vie, il est donc possible de rappeler quels sont les moyens de lutte contre le frelon asiatique et à quelle période.

Lutter contre le frelon asiatique

Pour résumer, nous allons distinguer trois grandes périodes. La période du piégeage des reines, la période des nids primaires et enfin la période des nids secondaires. En préambule, sachez qu’environ 95% des reines meurent pendant l’hiver. Appliquons un calcul simple. Sur les 500 reines créés à l’issue de l’année N-1, il ne va en rester que 25. Ce qui en soit peut sembler énorme puisque chacune d’entre elle est susceptible de créer à nouveau une colonie de 13 000 individus dont 500 nouvelles reines.

Le piégeage des reines

Le piégeage des reines est à la mode. Beaucoup de communes en revendiquent l’efficacité et proposent même pour certaines d’entre elles, une distribution gratuite du mois de mars à juin. Vous pouvez également vous confectionner ces pièges facilement. De nombreux plans existent sur le net. Nous vous proposons l’un d’entre eux à la confection.

piège à frelons

piège à frelons

Vous l’avez compris, l’objectif de ces pièges est bien entendu de capturer les reines fondatrices. Il est indispensable que ce piège soit sélectif sous peine de massacrer de nombreux insectes bénéfiques à dame nature, d’autant plus que les statistiques publiés par le muséum d’histoire naturelle font état du fait que moins de 1% des insectes piégés sont des frelons asiatiques !!La sélectivité est donc un élément capital à prendre en considération.

Puis, chacun y va de sa petite recette afin d’agrémenter son piège et ainsi d’attirer le frelon asiatique. La plus courante est une mixture comprenant la moitié de bière, 1/4 de sirop de cassis et 1/4 de vin blanc.

Il nous paraît important d’insister sur le fait qu’il ne sert à rien de mettre ces pièges trop tôt. La sélectivité du piège n’étant jamais absolue, poser un piège alors que les reines sont encore en hibernation ne sert qu’à capturer d’autres espèces, très bénéfiques pour certaines. Le bon « timing » pour la pose de vos pièges nécessite de vous adapter à votre région d’une part et également et surtout aux températures. Dans le Morbihan, par exemple, la bonne période en 2017 se situait aux alentours de début avril.

Il est aussi de notre rôle de signaler qu’une discussion au niveau national est en train de prendre de l’ampleur. Il s’agit du bien fondé du piégeage de reines. En effet, nombreux sont les acteurs scientifiques (irbi, pré-cité plus haut), tout comme les journaux spécialisés (tel que terraeco) qui s’interrogent sur le caractère bénéfique du piégeage. il y a deux arguments majeurs ; d’une part, la sélectivité des pièges qui paraît très insuffisante et d’autre part le défaut de compétitivité inter-individuel. En effet, sur ce dernier argument, il semblerait que le piégeage de reines interdisent de ce fait, la compétition entre les reines pour fonder une colonie. De ce fait, le piégeage favoriserait l’installation des colonies par défaut de concurrents. Il est sans doute encore trop tôt pour trancher, mais nous ne manquerons pas de suivre la question de près. En effet, le piégeage représente un coût pour les collectivités locales ; coût qui pourraient en cas de l’inefficacité du piégeage, être réorienter et généraliser vers des subventions de destruction de nids (sur ce thème voir notre article ici).

La destruction des nids primaires

Comme préciser plus haut, les nids primaires de frelons asiatiques sont visibles à partir des mois d’avril-mai. Leur évolution est résumé par l’image ci-dessous.

Évolution d'un nid de frelons asiatiques dit "primaires"

Évolution d’un nid de frelons asiatiques dit « primaires »

Comme expliqué précédemment, la reine est seule durant une quinzaine de jour suivant la fondation du nid. Ainsi, il nous paraît indispensable d’appeler à la vigilance citoyenne des abris de jardin, des appentis, bref, de tous les endroits abrités, susceptibles d’accueillir la fondation d’un nid de frelon asiatique durant les mois d’avril et mai. En effet, en rappelant qu’une piqûre de frelon n’est pas plus grave que celui d’une guêpe ou d’une abeille, un peu de courage est nécessaire pour aller tuer la reine qui s’affaire à la tâche. Mesdames, poussez vos hommes à la tâche !! Ensuite, plus le temps passe et plus il deviendra difficile pour le particulier de détruire un nid de frelon asiatique sans aide extérieure. Nous avons d’ailleurs consacré un article à ce sujet. Notez la forme très particulière du nid de frelons asiatiques dit « primaire » avec son ouverture par le dessous et ses alvéoles totalement invisibles de l’extérieur.

Pour le détruire, vous avez le choix des armes. La méthode mécanique ; vous l’écrasez entre 2 bouquins (du Musso de préférence). Vous pouvez aussi privilégier la méthode chimique à l’aide d’un insecticide grand public que vous injecterez directement par l’orifice qui se trouve à la base du nid. Il est important de détruire ces nids à la tombée du jour ; seul moment ou vous pouvez être, à peu près sur, que la reine fondatrice se trouve à l’intérieur. Dans le cas ou vous détruiriez le nid en l’absence de la reine, celle-ci ne mettrait que quelques jours à retrouver un abri pour une nouvelle construction. En résumé, votre destruction de nid aura été totalement inefficace. Encore une fois, plus vous allez avancer dans la saison et plus le risque de vous faire piquer lors de la destruction va s’élever. En effet, le nombre de frelons assurant la défense du nid augmente avec la taille de celui-ci. Nous vous déconseillons fortement de vous attaquer à un nid de frelons dont la taille dépasse celle d’un ballon de hand-ball. Votre bombe insecticide sera vide avant que vous en soyez venus à bout. Si malgré celà, votre témérité n’a pas de limite, suivez ce dernier conseil : n’hésitez pas ! Lorsque vous vous approchez d’un nid de frelons, il va arriver un moment ou vous allez être repérer. A ce moment précis, le nid passe en mode défense. Vous DEVEZ IMPÉRATIVEMENT avoir injecté votre insecticide dans le nid avant ce passage en mode défense. Comment reconnaitre le passage en mode « défense » ? Une photo vaut mieux que de longs discours.

Nid de frelons en mode "défensif"

Nid de frelons en mode « défensif »

Les frelons sortent du nid et se répartissent à sa surface. Pour vous, il est trop tard. Vous devez surprendre le nid. N’hésitez pas, approchez rapidement, injectez le produit et partez. Ne pas hésiter est la clé. A ce niveau de développement du nid, nous réitérons néanmoins notre conseil de faire intervenir un professionnel.

La destruction des nids secondaires

Cette destruction intervient entre les mois de septembre et fin novembre. Mais, quoiqu’il en soit, de par la taille du nid et du nombre d’individus que ces nids contiennent, il est indispensable, de notre point de vue, de faire intervenir un professionnel. Là encore, quelques images valent mieux que de longs discours.

Pour la destruction de tels nids, les professionnelles vous demanderont entre 120 et 500 euros en fonction de la hauteur du nid. Si ils sont à la pointe, ils disposeront de perche en carbone qui leur permettra d’abaisser le coût sous les 200 euros.

Enfin, laissons nous conclure sur une image :

Nid de frelons asiatiques dans une haie

Nid de frelons asiatiques dans une haie

Ce nid mesurait près de 60cm de diamètre. Mais surtout, il se situait à 50cm du sol, dans une haie entre deux maisons. Il a été découvert par une petite fille de 8 ans. Le drame n’était pas loin. Abat-guêpes vous recommande donc d’ouvrir l’oeil et le bon.

En espérant que cet article répondra aux questions les plus fréquentes, n’hésitez pas à nous solliciter pour des avis, des conseils ou autres sur notre page de contact, nous y répondrons dans les plus brefs délais.